Ça n'a pas de bon sens !

7 août 2019 par Équipe médias



Dans l’évangile de Luc au chapitre 15, Jésus raconte trois histoires de perte qui, lorsque nous les lisons ensemble, nous pousse à déclarer : « ça n’a pas de bon sens! » D’abord, celle d’un berger qui laisse ses quatre-vingt-dix-neuf brebis dans un lieu sauvage pour partir à la recherche d’une seule brebis perdue. Cet homme risque les quatre-vingt-dix-neuf pour une. Cela ne semble pas une bonne décision! Puis, une fois la brebis retrouvée, il fait une grande fête à laquelle il invite ses amis!

Ensuite, Jésus parle d’une femme qui perd une drachme (une pièce d’argent) et que, lorsqu’elle la trouve, organise un festin avec des invités. Une drachme équivalait à une journée de travail. Elle perd donc une pièce, la retrouve et célèbre l’événement, ce qui lui a probablement couté la valeur de la pièce. Ça n’a pas de bon sens!

Jésus poursuit avec une troisième histoire, celle du fils prodigue. Le fils désire recevoir l’héritage de son père alors que ce dernier est toujours vivant. Le fils est si pressé de toucher à son héritage qu’il ne veut même pas attendre sa mort. Et malgré l’offense, le père lui donne sa part. Nous savons que le fils revient à la maison après avoir tout dépensé et que le père, alors qu’il voit son fils au loin, demande que l’on fasse un grand banquet et qu’on le revête des plus beaux vêtements. Il n'y a aucun signe de colère et d’indignation dans les paroles du père, mais bien au contraire, nous assistons à une démonstration de compassion, de grâce, de pardon et de réjouissance. Ça n’a pas de bon sens!

Jésus désire que nous comprenions que ces récits ne sont pas humains, mais divins. C’est pourquoi ils sont si extravagants. Ils représentent l’amour de Dieu pour nous. Comme le bon berger, quand nous nous éloignons, il nous poursuit afin que nous revenions à lui. Comme le père du fils prodigue, dès que nous faisons un pas vers lui, il se réjouit malgré l’offense, la désobéissance, l’indignation et l’orgueil. À vrai dire, nous sommes la brebis et la drachme perdues; nous sommes le fils prodigue et il est le bon berger, le père aimant, compatissant et patient. Nous sommes toujours indignes de cet amour, mais nous avons de la valeur auprès de Dieu.

L’apôtre Paul exprime bien cet amour infini dans son épitre aux Éphésiens (Eph.3 :18-19), qui dit ceci : « Que vous puissiez comprendre avec tous les saints quelle est la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur de l'amour de Christ, qui surpasse toute connaissance. » Le mot connaissance ici signifie la raison, l’intelligence, la logique, les émotions et les réactions humaines normales. Paul désirait ardemment que l’église d’Éphèse, ainsi que tous les saints, connaissent et comprennent cet amour qui change tout.

Savoir qu’on est aimé de Dieu d’une façon extravagante et inconditionnelle est la source même de la guérison. Une telle révélation est le remède d’une guérison dans nos émotions, dans notre mauvaise estime de soi, dans nos insécurités, nos complexes, nos angoisses et nos craintes (1 Jn 4. 17-19). Cet amour nous est révélé pour notre santé mentale, émotionnelle et spirituelle. Il nous libère de l’apathie, de l’indifférence et de l’égocentrisme, afin que nous l’exprimions et l’expérimentions dans notre vie quotidienne.

L’amour de Jésus nous presse également à agir envers ceux qui souffrent et qui sont perdus (2 Corinthiens 5.14). Au chapitre 9 de la lettre aux Romains, Paul dit ceci : « Je dis la vérité en Christ, je ne mens point, ma conscience m'en rend témoignage par le Saint Esprit : J'éprouve une grande tristesse, et j'ai dans le cœur un chagrin continuel. Car je voudrais moi-même être anathème et séparé de Christ pour mes frères… ». À la lecture de cette affirmation, on peut dire : ça n’a pas de bon sens! Mais Paul était animé du même amour sacrificiel que Christ. Ayons-en nous ce genre d’amour extravagant qui nous presse à faire des choix qui semblent illogiques comme laisser une carrière, un pays, la famille, pour répondre à l’appel de Dieu. Nous devons avoir en nous ce cœur de héros prêt à mettre sa vie en péril pour sauver une autre vie.

Dieu attend de nous que nous soyons des chrétiens passionnés et non des chrétiens professionnels. « Tous les publicains et les gens de mauvaise vie s'approchaient de Jésus pour l'entendre. Et les pharisiens et les scribes murmuraient, disant : Cet homme accueille des gens de mauvaise vie, et mange avec eux. »  Luc 15.1-2.

Les trois récits racontés par Jésus s’adressaient aux pharisiens et aux scribes qui avaient perdu la valeur d’une âme, aveuglés par leur religiosité et leur rigueur. Ils étaient des chrétiens professionnels. Ils disaient avoir la foi, mais leurs œuvres étaient mortes. Ils parlaient avec dédain de Jésus alors qu’en fait, ils auraient dû être émerveillés par sa sensibilité et par son amour pour les âmes.

Dans ces histoires, deux points sont communs aux trois : la perte, et ensuite la joie de la restauration, de la vie. Jésus démontre ainsi que chaque fois qu’une personne se repent et lui donne sa vie, il y a une grande célébration dans les cieux. Et pourquoi cette réjouissance ? Il y a trois raisons : Jésus connaît la valeur d’une âme, la joie d’être au ciel et l’horreur d’une éternité sans Dieu.

Si nous sommes attristés par les atrocités que nous voyons dans ce monde, imaginons alors les sentiments de Dieu ! Il est affecté et troublé mais il attend. Ça n’a pas de bons sens qu’il attende, qu’il retarde sa venue et qu’il use de patience envers nous. Devant les abus, les persécutions, les déviances, la violence, le terrorisme, la décadence, la dépravation, pourquoi? Pierre nous donne la réponse : « Dans les derniers jours, il viendra des moqueurs avec leurs railleries, marchant selon leurs propres convoitises, et disant : où est la promesse de son avènement ? Car, depuis que les pères sont morts, tout demeure comme dès le commencement de la création… Mais il est une chose, bien-aimés, que vous ne devez pas ignorer… Le Seigneur ne tarde pas dans l'accomplissement de la promesse, comme quelques-uns le croient ; mais il use de patience… ne voulant pas qu'aucun ne périsse, mais voulant que tous arrivent à la repentance. Le jour du Seigneur viendra… » 2 Pierre 3.3-10

Le temps presse. La terre a une date d’expiration. Que l’amour, ce don de Dieu, inspire en nous la confiance, le courage, la constance (fidélité), la consécration et la compassion envers ceux qui souffrent.

 

 

 


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